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KELEIER / ACTUALITES

Kleñved-red 2 / Epidémie

   La Provence malade la peste : la grande épidémie de 1720 (FranceArchives)Pa vez ano euz kleñvejou-red e teu dioustu war or spered ar pez on-eus klevet konta diwar-benn ar vosenn Zu, a skoaz didruez war kêr Gemper e 1349, beteg kas d’ar vered Santig Du, providañs ar re baour. Bez’ e veze mareou a ehan, med aliez e teue ar c’hleñved en-dro goude eun nebeud bloaveziou e Kerne, Leon pe Dreger. Medisinerez ar mareou-ze a oa dihalloud eneb ar c’hleñved-se. Petra ober neuze ? Netra nemed pedi, hag e stagas an dud da zevel chapeliou en enor d’an daou zant brudet eneb ar vosenn : sant Sebastian ha sant Rok. Pedet ’veze da genta sant patron ar barrez, hag ive ar Werhez Vari, dreist-oll en he santualiou. Evel-se e 1597 e oe kaset, euz Kastell-Paol ha Montroulez, imachou-koar da Itron-Varia ar Folgoad d’he zrugarekaad da veza lakeet ar vosenn da jom a-zav, dreist-oll e kêr Montroulez ’lec’h m’he-doa eostet mil tri c’hant a dud. Dizale ive eo Anna, mamm Mari, a vezo pedet, ha kement-se a c’hoarvezas da genta e Pont-’n-Abad.
   E 1625 en em ziskouezas santez Anna e Keranna Bro-Wened d’eul labourer-douar anvet Nikolazig, hag e krogas buan pelerinajou braz beteg eno. An hini a oa bet e karg euz ar pelerinajou-ze da genta a oa an tad Hugues de Saint-François. E 1633 e skoas ar vosenn war kêr Pont-’n-Abad ha tro-war-dro er vro vigouden. An tad Hugues a oa neuze priol an tadou karmez e kêr, hag e kinnigas mond da gavoud santez Anna. Eur pirhirinaj braz a oe savet, war droad, gand eur c’hant bennag a dud a bep stad, da genta beteg iliz-veur Kemper da reseo bennoz an eskob, ha goude-ze beteg santez-Anna-Wened : eun droiad a gant daou-ugent kilometrad, eur c’houlaouenn en o dorn hag o kana kantikou brezoneg. Meur a zevez pirhirinaj eta... Pa zistroont eo echu ar vosenn : tud kêr a lak kement-se war gont santez Anna, hag evid he zrugarekaad e lakont sevel eun astaol e mên en enor dezi e iliz Iton-Varia-Garmez, e plas chapel santez Barba, anvet abaoe chapel Santez Anna.
   Eun dra a zo sklêr d’an nebeuta : azaleg ar mare-ze e teu muioc’h c’hoaz santez Anna da veza pedet hag enoret en or bro. Kalz karneliou savet er 16ved ha 17ved kantved a vezo lakeet dindan he gwarez, ha ne vijen ket souezet o c’houzoud eo bet savet, goude eur reuziad bosenn, hini pe hini euz an daou-ugent chapel gouestlet dezi hirio c’hoaz e Penn-ar-Bed. Evid chapel Santez-Anna e Lambaol-Gwimilio, da skwer, e tle beza gwir !


  Sainte-Anne-d'Auray : Histoire, Patrimoine, Noblesse (commune du canton d' Auray) Lorsqu’il est question d’épidémie nous vient immédiatement à l’esprit ce que nous avons entendu à propos de la Peste Noire, qui frappa impitoyablemet la ville de Quimper en 1349, jusqu’à conduire à la tombe Santig Du, la providence des pauvres. Il y avait des moments d’arrêt, mais elle revenait souvent au bout de quelques années en Cornouaille, Léon ou Trégor. La médecine de ces temps-là ne pouvait rien contre cette maladie. Que faire alors ? Rien d’autre que prier, et les gens se mirent à élever des chapelles en l’honneur des deux saints réputés contre la peste : saint Sébastien et saint Roch. On priait d’abord le saint patron de la paroisse, mais aussi la Vierge Marie, spécialement dans ses sanctuaires. C’est ainsi qu’en 1597 des images de cire de Saint-Pol de Léon et de Morlaix sont envoyées au Folgoët en action de grâces par suite de la cessation de la Peste, surtout à Morlaix, où elle avait moissonné mille trois cents personnes. Bientôt c’est aussi Anne, la mère de Marie, que l’on priera, et ceci arrivera d’abord à Pont-l’Abbé.
   En 1625 sainte Anne apparut à Keranna, en pays de Vannes, à un paysan du nom de Nicolasic, et rapidement des pèlerinages s’organisèrent pour s’y rendre. Le premier responsable de ces pèlerinages était le Père Hugues de Saint-François. En 1633, la peste frappa la ville de Pont-l’Abbé et le pays bigouden tout à l’entour. Le Père Hugues était alors prieur des Carmes en ville, et proposa d’aller trouver Sainte Anne. Un grand pèlerinage fut organisé, à pied, avec une centaine de personnes de toute condition, d’abord vers la cathédrale de Quimper pour recevoir la bénédiction de l’évêque, puis vers Sainte-Anne d’Auray : un périple de cent quarante kilomètres, un cierge à la main et en chantant des cantiques bretons. Plusieurs jours de pèlerinage donc... A leur retour, la peste a cessé : les habitants le mettent sur le compte de sainte Anne. Pour la remercier, ils font ériger un retable de pierre en son honneur dans l’église des Carmes, au lieu de la chapelle Sainte-Barbe, appelée depuis chapelle Sainte-Anne.
   Un fait du moins est clair : à partir de ce moment, sainte Anne est de plus en plus priée et honorée chez nous. Beaucoup d’ossuaires érigés aux XVIème et XVIIème siècles seront mis sous sa protection, et je ne serais pas étonné d’apprendre que telle ou telle des quarante chapelles, qui lui sont encore aujourd’hui consacrées en Finistère, l’a été après un épisode de peste. Pour la chapelle Sainte-Anne de Lampaul-Guimiliau, par exemple, ce doit être le cas.

Job an Irien d'ar 18 a viz gwengolo / le 18 septembre.

 

Follentez / Folie


 Saint-Urbain. La croix de mission vandalisée - Quimper.maville.com  Mantruz eo ! Ar pez n’e-noa ket greet ar zoudard a oa e traoñ kroaz Jezuz - da lavared eo trerri dezañ e zivesker - a zo bet greet e Lannurvan war groaz mision 1892 d’an 29 a viz eost, hag amañ n’eo ket hepkén e zivesker a zo bet torret, med ive e zivrec’h. N’eo ket êz terri eur C’hrist e mên, hag evid hen ober, e ranke an den e-neus greet an torfed-se pignad war ar zichenn ha skei gand eur varrenn houarn. Siwaz, n’eo ket ar groaz hepkén a zo bet mastaret, med c’hoaz e-kichenn ar groaz, monumant ar re varvet er brezeliou : amañ eo ar pevar obus braz, stag mad koulskoude ouz o leurenn, a zo bet tumpet hag en eur goueza o-deus frigaset ar mên-bez a oa e-kichenn. Seiz bez all o-deus gouzanvet fulor pe follentez ar re o-deus greet kement-se : kroaziou tumpet pe torret, podou bleuniou frigaset, eur mên-sonn torret. Ar re o-deus greet an taol-fall-se ne ouient ket petra e vedont oc’h ober. Frouez ar boeson, pe frouez eur bariadenn zod ? Pe c’hoaz fulor a-eneb kement tra sakr ? Evid kas da benn eur seurt dismantr e oa red dezo beza meur a hini, pôtred yaouank kreñv moarvad...
   Perag en em gemer evel-se ouz ar pez a zo sakr evid an oll dud a skiant-vad ? Beteg-henn n’eus bet kavet roud ebed, na sinadur ebed euz an taol-fall-se. War a zeblant, n’eo ket bet greet eta en ano eun ideologiez bennag. Gouzoud a reer ne ’z-eus sevenadur ebed ha ne vefe ket diazezet war an doujañs e-keñver ar re o-deus roet deom ar vuez. Nemed eun doare a vefe bet d’ar re yaouank-se da ziskarga o c’hounnar a-eneb ar bed-se, bet savet gand on tadou, eur bed ’lec’h ma ne gavont ket o flas ? Kalz martezeadennou a-seurt-se a c’hellfer ober evid klask kompren... Heuget e chomer gand an doare-ze d’en em gemer ouz an anaon.
   Anad eo n’o-deus ket gouezet ar pez a raent! Ar mên-bez, frigaset e-kichenn ar monumant, a zo hini eur marokan hag e-neus klasket gand e gorf gwarezi e gabiten, beziet skoaz-ha-skoaz gantañ, pa ’z-int bet lazet o-daou e Marseill e 1944. Ar bedenn-mañ, skrivet gand komandant eur Goum, a lavar kement-mañ : «O Aotrou, grit ma vo brezelourien kaled Berber skoaz ha skoaz ganeom e peoc’h ho paradoz, ’vel ma vedont war an dachenn a vrezel, ha ma ouezint, Aotrou, pegement on-eus karet anezo!» Torret eo ar mên-bez, med ar bedenn ne c’hell ket beza mouget !

 La folie comme le ciel – Anti-K  C’est lamentable ! Ce que n’a pas fait le soldat qui était au pied de la croix de Jésus - c’est à dire lui casser les jambes - a été fait à Saint-Urbain sur la croix de mission de 1892 le 29 août, et ici ce ne sont pas seulement les jambes qui ont été cassées, mais aussi les bras. Ce n’est pas facile de casser un Christ en pierre, et pour le faire, celui qui a accompli ce méfait devait monter sur le socle et frapper avec une barre de fer. Hélas, ce n’est pas seulement la croix qui a été dégradé, mais aussi auprès de la croix le monument aux morts des guerres : ici ce sont les quatres grands obus, bien fixés pourtant sur leur dalle, qui ont été renversés et en tombant ont écrasé la pierre tombale à côté. Sept autres tombes ont subi la fureur ou la folie de ceux qui ont fait cela : croix renversées ou cassées, pots de fleurs brisés, une stèle brisée. Ceux qui ont accompli ce mauvais coup ne savaient pas ce qu’ils faisaient. Conséquence de la boisson ou fruit d’un pari idiot ? Ou encore fureur contre tout ce qui est sacré ? Pour réaliser une telle destruction, il fallait être plusieurs, des jeunes costauds sans doute...
   Pourquoi s’en prendre ainsi à ce qui est sacré pour tous les gens de bon sens ? Pour le moment, il n’a été trouvé aucune trace ni signature de ce mauvais coup. A ce qu’il semble, cela n’a pas été réalisé au nom d’une quelconque idéologie. On sait qu’il n’y a pas de civilisation qui ne soit fondée sur le respect de ceux qui nous ont donné la vie. Serait-ce, pour ces jeunes, une façon de décharger leur colère contre ce monde que leur lèguent nos pères, un monde où ils ne trouvent pas leur place ? On peut échafauder bien des hypothèses de ce genre pour essayer de comprendre... On reste dégoûté par cette façon de s’en prendre aux défunts.
   Il est évident qu’ils n’ont pas su ce qu’ils faisaient! La pierre tombale, écrasée auprès du monument, est celle d’un marocain qui a cherché à protéger de son corps son capitaine, enterré juste à côté, lorsqu’ils ont été tués tous les deux à Marseille en 1944. Cette prière, écrite par le commandant d’un Goum, dit ceci : «Seigneur, faites que les durs guerriers Berbères soient épaule contre épaule avec nous dans la paix de votre paradis, comme ils l’étaient sur le champ de bataille, et qu’ils sachent, Seigneur, combien nous les avons aimés !» La dalle est cassée, mais la prière ne peut pas être étouffée !

Job an Irien d'ar 11 a viz gwengolo / le 11 septembre.

Eun emgav dihortoz / Une rencontre inattendue

Edgard Pisani se sentait «un peu coupable du remembrement» agricole    Pa ’z-an da Landerne, e tremenan aliez dre gichenn eur parkad maïz hag a zeu beteg an hent. ’Lec’h ma oa gwechall eur c’hleuz, ne ’z-eus kén bremañ na foz na krizenn koulz lavared. Euz an eil bloavez d’egile e welan ar c’hrizenn o kriza. Ne vez ket aret c’hoaz beteg an hent ’vel am-eus gwelet e Kleder da skwer, ’lec’h ma teue an trakteur da drei war an hent e penn an ero. En deiz-se e oa deuet soñj din euz ar pez a c’houlenne eur peizant digand e amezog pa oa hemañ o tiskar kleuziou a daoliou tourter : «Ped reñkennad artichaod ouspenn a c’hounezi pa ’pezo diskaret da oll gleuziou ?» Hag em-boa c’hoarzet, o soñjal e rankfe marteze kas anezo d’an toull loustoni... Hirio ne c’hoarzan ket pa welan an douarou-ze goloet muioc’h mui a diez-gwer pe blastik. Da belec’h emaom o vond ? Er memez amzer, gand ar C’hovid 19, e welom amañ hag ahont tud o tizolei en-dro talvoudegez ar boued sasun, hag o ’n em lakaad da labourad eun tamm liorzig, asamblez a-wechou. Daoust hag e vefe an avel o trei hag e vefe dirazom dija bloñsou eur bed nevez, a jeñjfe on daremprejou kenetrezom ha gand an douar ?
   D’an tri a viz gwengolo eo en em vodet er Vatikan, tro-dro d’ar Pab Frañsez, eur strollad a bemzeg bennag a dud a vro-Frañs da gomz gantañ hag etrezo diwar-benn an doare m’eo digemeret e gelc’h-lizer «Laudato Si», hag an doareou da vond war-raog. Ar pennou-braz-se n’int ket oll katoliked, med bez ez int oll stourmerien e mod pe vod evid an ekologiez hag an en-dro. En o zouez, Pablo Servigne, Valérie Cabanes, an aktourez Juliette Binoche, Eric de Moulins-Beaufort prezidant eskibien ar Frañs, gwazed ha merhed eta, ha zokén eul labourer-douar yaouank, hag eur saver-gwenan. O fal : unani o nerziou, sevel liammou kenetrezo, o c’houzoud eo liammet pep tra, ’vel a lavar ar Pab, hag ez-eus plas hirio evid eun dra bennag nevez. Ar Pab Frañsez a c’halv hirio an oll dud a feiz d’en em unani gand an oll dud a volontez vad da stourm evid muioc’h a zoujañs evid on ti boutin, ha da genta gand hag ablamour d’ar re baourra. «O lenn kement-se, eme maer nevez Bourdel, em-eus bet eur mare a estlamm, rag kleved a raen er memez amzer youhadenn an douar hag hini ar re baour !» Konta war an teknologiez hepkén a zo eun touell, rag galvet om oll d’eur seurt dislontegez. Da bep hini da ober e lod !


Laudato Si', la feuille de route de l'encyclique (par Radio Vatican) |  Assises Laudato Si   Lorsque je vais à Landerneau, je passe souvent auprès d’un champ de maïs qui vient jusqu’à la route. Là où il y avait autrefois un talus, il n’y a plus maintenant ni fossé, ni berme pour ainsi dire. D’une année sur l’autre, je vois la berme se rétrécir. On ne charrue pas encore jusqu’à la route, comme j’ai vu à Cléder par exemple, où le tracteur venait tourner sur la route à l’extrémité du sillon. Ce jour-là m’est revenu en mémoire ce que demandait un paysan à son voisin quand celui-ci abattait des talus à coups de bull-dozer : «Combien de rangées supplémentaires d’artichauts gagneras-tu quand tu auras abattu tous tes talus ?» Et j’avais souri en pensant qu’il devrait peut-être les balancer au bourrier... Aujourd’hui je ne souris pas en voyant ces terres de plus en plus recouvertes de serres ou de tunels plastiques. Où allons-nous ? En même temps, avec la Covid 19, nous voyons ici et là des gens redécouvrir la valeur d’une nourriture saine, et se mettre à travailler un bout de jardin, ensemble parfois. Le vent serait-il en train de tourner, et y aurait-il déjà devant nous les bourgeons d’un monde nouveau, qui changerait nos relations entre nous et avec la terre ?
   Le 3 septembre s’est rassemblé au Vatican, autour du Pape François, un groupe d’une quinzaine de Français pour dialoguer avec lui et entre eux de la manière dont est reçue son encyclique Laudato Si, et des manières d’avancer. Ces personnalités ne sont pas toutes catholiques, mais tous sont d’une façon ou d’une autre militants de l’écologie et de l’environnement. Parmi eux, Pablo Servigne, Valérie Cabanes, l’actrice Juliette Binoche, Eric de Moulins-Beaufort président des évêques de France, des hommes et des femmes donc, et même un jeune agriculteur et un apiculteur. Leur but : unir leurs énergies, établir des liens entre eux, sachant que tout est lié, comme dit le Pape, et qu’il y a place aujourd’hui pour quelque chose de neuf. Le Pape François appelle aujourd’hui tous les croyants à s’unir à tous les hommes de bonne volonté pour lutter pour davantage de respect de notre maison commune, et d’abord avec et à cause des plus pauvres. «En lisant cela, dit le nouveau maire de Bordeaux, j’ai eu un moment d’émerveillement, j’entendais simultanément le cri de la terre et celui des pauvres !» Compter seulement sur la technologie est un leurre, car nous sommes tous appelés à une sorte de sobriété. A chacun de faire sa part !

Job an Irien d'ar 4 a viz gwengolo / le 4 septembre.

An Niverenn Nevez (172) MINIHI LEVENEZ : Blaz an deiziou / Pennadou

 

Nouveau numéro (172) de la revue MINIHI LEVENEZ :

Blaz an deiziou / La saveur des jours

Pennadou / Chroniques 2019 - 2020

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